City of Fredericton
 

La Ville ajoute six propriétés de Marysville au répertoire local des lieux patrimoniaux

Phioto de La concession funéraire des Gibson Fredericton (Le 14 juin 2010) — Royals Field, l’ancien hôtel de Marysville et le lieu d’inhumation de la famille Gibson sont trois des six propriétés que le conseil municipal a ajoutées aujourd’hui au répertoire local des lieux patrimoniaux.

Le conseil a approuvé l’ajout au répertoire du terrain de baseball, de l’hôtel, du cimetière et de trois propriétés de la rue Canada construites par Alexander « Boss » Gibson pour des employés de sa filature de coton, longtemps la principale industrie de la ville. Les trois maisons sont situées aux 189, 293 et 329 de la rue Canada.

« Toutes ces propriétés ont un lien avec "Boss" Gibson, notamment son lieu de sépulture, et elles méritent de figurer dans notre répertoire des lieux patrimoniaux », explique le maire Brad Woodside, qui appuie la recommandation du Comité de sauvegarde du patrimoine. « Alexander Gibson était un géant de l’industrie et il a marqué à jamais notre communauté. »

C’est en grande partie à Gibson qu’on doit la transformation de l’agglomération naissante de Rankin Mills en une ville industrielle prospère qu’il renommera plus tard « Marysville » en l’honneur de sa femme, Mary (Robinson) Gibson.

La concession funéraire des Gibson est située dans le cimetière de l’Église unie du Canada, connu également sous le nom d’Alexander Gibson Memorial Cemetery. On y trouve un imposant monument en granit blanc entouré de 27 pierres plus petites. Son importance historique vient de son lien avec le patriarche de la famille Gibson. « Boss » Gibson, sa femme, leurs enfants, frères et sœurs et d’autres membres de la famille reposent ou sont commémorés dans la concession funéraire. La valeur historique du lieu vient de la disposition particulière des tombes, en cercle, inhabituelle et unique dans le cimetière de l’Église unie du Canada. Les pierres tombales de la famille Gibson, taillées dans le granit blanc, sont les plus travaillées du cimetière, ce qui témoigne de l’aisance et du statut social de la famille Gibson.

Photo de Royals FieldRoyals Field est un terrain de baseball situé au cœur de Marysville, sur la « colline du baseball ». L’emplacement, utilisé depuis plus d’un siècle par les amateurs de sport de Marysville, est aujourd’hui un terrain moderne. Le match le plus ancien mentionné dans les annales remonte à 1895. L’équipe de Marysville y avait défait les Roses de Saint John. Pour bon nombre des hommes qui travaillaient à la filature de coton de Gibson dans les années 1880 et 1890, le baseball était le principal loisir estival. Les sources historiques locales indiquent que des matchs entre les « quartiers » de Marysville avaient lieu fréquemment après le quart de travail du soir, un loisir pour les travailleurs de la filature et leur famille.

Encore en usage, le terrain de baseball a vu de nombreux tournois et certains des joueurs qui l’ont fréquenté ont été recrutés par des équipes semi-professionnelles et professionnelles. Royals Field entre également au répertoire des lieux patrimoniaux parce qu’il symbolise l’esprit communautaire. En effet, il a été amélioré et entretenu par des bénévoles. Ainsi, en 1911, ce sont des bénévoles qui ont construit une clôture pour empêcher les vaches d’un champ voisin d’interrompre les matchs. Après la Deuxième Guerre mondiale, d’autres bénévoles ont construit une nouvelle clôture, un vestiaire, une cantine et des gradins pouvant accueillir 2000 spectateurs. En 1947, on a utilisé de l’argile de l’ancienne briqueterie de Gibson pour améliorer le terrain et, en 1971, il est devenu le troisième de la province où on a installé des projecteurs pour les parties disputées le soir, deux opérations rendues possibles grâce – une fois encore – au dévouement de bénévoles.

Photo de L’ancien hôtel de Marysville L’ancien hôtel de Marysville est un bâtiment de briques rouges de trois étages situé au 7, rue Bridge, un emplacement central, en face de l’ancienne filature. Il a été construit en 1887 et transformé en pension pour femmes célibataires et veuves après son acquisition par Canadian Cottons en 1908. En 1954, il a été cédé par l’entreprise à un propriétaire privé. Actuellement, c’est un immeuble à appartements.

Construit avec la même brique rouge que l’usine et les immeubles locatifs des environs, l’hôtel avait à l’origine des quartiers d’habitation à l’arrière pour le directeur, un salon, une cuisine et une salle à manger. Les étages supérieurs comptaient 12 chambres à louer. La valeur historique du bâtiment vient surtout de sa contribution à l’essor immobilier à Marysville et au plan urbain évolutif de Gibson.

Photo de 329, rue CanadaSurplombant la rivière Nashwaak, la maison de briques à deux étages située au 329, rue Canada date de la fin du XIXe siècle. De conception similaire aux immeubles locatifs construits pour les ouvriers de la filature, elle s’en distingue par ses fenêtres en saillie sur deux étages et sa véranda. La décoration en brique du bâtiment est aussi plus recherchée que celle des immeubles locatifs, plus modestes. Ces éléments, de même que les dimensions de l’habitation et sa proximité de maisons dont on sait qu’elles ont été construites pour les contremaîtres et les directeurs de Gibson, donnent à penser que le bâtiment du 329, rue Canada était destiné à un cadre supérieur d’une des nombreuses industries de Gibson.

Photo de 189, rue CanadaLe duplex de briques de deux étages du 189, rue Canada est un exemple caractéristique et bien conservé des 39 duplex construits par Gibson pour les ouvriers de son usine. Les maisons d’ouvriers, simples et solides, étaient construites à distance de marche de la filature. Les maisons plus grandes bâties pour les contremaîtres et les directeurs, plus proches des résidences de la famille Gibson, surplombent la ville sur les hauteurs de Marysville, à Nob Hill. À l’époque victorienne, le terme « nobs » désignait les dirigeants industriels.

La valeur patrimoniale du bâtiment vient aussi de son emplacement. C’est un des trois seuls duplex construits en rangée sur l’autre rive de la rivière Nashwaak alors que la majorité des immeubles locatifs se trouvaient plus près de la filature, sur la même rive.

Nob Hill s’étendait du manoir de Boss Gibson à l’église méthodiste, sur la colline, à l’ouest de la rivière Nashwaak. La disposition stratégique de ces maisons leur donnait une vue saisissante sur la rivière et la ville en contrebas tout en établissant une frontière entre patrons et ouvriers.

Photo de 293, rue CanadaLa maison de deux étages et demi du 293, rue Canada comporte des éléments décoratifs en bois du gothique victorien : des bardeaux festonnés et des décorations de points et traits autour des fenêtres, des portes et de l’avant-toit. Elle a été construite par Gibson pour sa fille Annie et son mari Charles Hatt, un marchand de Fredericton qui est devenu comptable à la filature de Gibson. Aussi connue sous le nom de maison Hatt, elle a été érigée près d’autres habitations de la famille Gibson et des maisons construites pour les directeurs et les superviseurs de ses entreprises. La maison Hatt a ceci de particulier qu’elle a été construite à la fois pour un membre de la famille Gibson et pour un de ses directeurs. C’est pourquoi elle est la plus travaillée des maisons de « patrons » et plus grande que les pavillons caractéristiques d’un étage et demi.

« Marysville est une des villes établies autour d’une compagnie les mieux conservées d’Amérique du Nord et ces propriétés sont représentatives des différents types de construction qui la rendaient unique », affirme Barbara Landry, présidente du Comité de sauvegarde du patrimoine, un comité du conseil municipal chargé de protéger l’architecture et le caractère historique des secteurs que la Ville veut préserver.

Le conseil municipal a approuvé la création du répertoire local des lieux patrimoniaux le 21 juillet 2003. Ce répertoire est une liste de lieux jugés d’importance historique qui y sont inscrits avec la permission de leur propriétaire. Sa création résulte d’un programme du gouvernement fédéral intitulé Initiative des endroits historiques visant à sensibiliser aux lieux historiques et à encourager leur conservation.

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Personne-ressource : Juan Estepa, gestionnaire – Patrimoine et affaires culturelles, Ville de Fredericton, 506-460-2062.

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