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La vie lors d'une mission des Nations Unies - Agente-Détective McInnis

Depuis 1989, le Canada a déployé plus de 4000 policiers et policières dans le cadre de missions de paix qui ont eu lieu dans plus que 30 pays. Ces missions aident à reconstruire ou à renforcer les services de police de pays aux prises avec des conflits ou des bouleversements.

Pour l’agente-détective Samantha McInnis, la possibilité de participer à une mission policière internationale a toujours fait partie de ses objectifs de carrière et s’est concrétisée en octobre 2018, quand elle a été déployée en Ukraine pour une mission policière canadienne.

L’équipe dont elle faisait partie pour cette mission de 12 mois était composée d’agents de partout au Canada, mais elle était la seule agente d’une force policière municipale de la côte Est. « Je voulais mettre en valeur l’excellent travail de la Force policière de Fredericton et en être une bonne ambassadrice, explique-t-elle. C'était très agréable de travailler avec différents services […] parce que nous avons tous des expériences différentes. »

Pendant son séjour en Ukraine, l’agente-détective McInnis a principalement joué un rôle de conseillère en formation policière, donnant deux cours à des membres de la police nationale d’Ukraine. Durant les neuf premiers mois, elle a offert le cours en introduction aux enquêtes criminelles à des policiers-patrouilleurs, des agents de district et des enquêteurs. Cet enseignement a été donné dans tout le pays, avec l’aide d’interprètes. « Je suis devenue très amie avec mon interprète principale, Jane. Les interprètes sont l’épine dorsale de la mission », explique-t-elle. La langue de travail de la mission étant l’anglais, l’agente-détective McInnis donnait ses cours en anglais interprété en ukrainien paragraphe par paragraphe. Ça faisait de longues journées, mais le fait de travailler avec une interprète lui a permis d’ajouter un tout nouvel ensemble de compétences à celles qu’elle possédait déjà.

Au cours du dernier trimestre de la mission, l’agente-détective McInnis s’est consacrée à enseigner le leadership aux superviseurs de patrouille intermédiaires. Une première occasion pour elle de former des superviseurs dans sa carrière! Cette expérience lui a permis d’acquérir des compétences qui lui serviront sans doute à un moment donné.

Parmi les points saillants de sa mission, l’agente-détective McInnis a aidé un enquêteur local à résoudre un dossier qui avait besoin d’un regard neuf. En partageant ses connaissances sur des cas similaires qu’elle avait connus, elle a fourni une perspective qui a permis de clore le dossier, ce qui a mené à des accusations. « Le fait de leur avoir parlé de nos études de cas et de nos expériences, et de ce que nous aurions fait dans de tels cas, leur a été très utile. Ça leur a donné de nouvelles idées sur ce qu’ils pourraient faire, indique-t-elle. Voilà une expérience qui m’a fait apprécier ma formation et mon savoir. » 

Quand on lui a demandé ce qu’elle avait tiré de la mission, sa réponse a été claire : elle est extrêmement chanceuse de vivre et de travailler à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Bien que les frustrations soient les mêmes, peu importe l’organisation d’où on vient, on profite ici de plus de ressources, d’une formation accrue et d’un accès plus facile à des partenariats avec les services sociaux.

L’agente-détective McInnis aimerait bien faire une autre mission, mais pour l’instant, elle a repris son quotidien, avec sa famille, ses chiens, ses séances d’entraînement et les enquêtes criminelles de l’équipe des crimes majeurs de la Force policière de Fredericton. Elle tire une grande fierté de faire partie de la police et des possibilités que cette carrière lui offre.


Qu’est-ce qui vous manquera le plus de l’Ukraine?

La bonne nourriture! Une grande partie des aliments vient de la ferme. Ha! que j’ai aimé les aubergines cuites au four!

Quel a été le moment le plus mémorable de cette expérience?

Dans une des villes où j’ai enseigné, il y avait une petite baba(grand-mère) qui faisait de merveilleuses chaussettes de laine. Je pense que je lui en ai acheté au moins une paire par jour quand j’étais à cet endroit.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris?

Là-bas, loin des centres urbains, la vie est très simple. Les gens se déplacent à bicyclette, il y a peu de voitures et pas beaucoup de distractions. C’est calme… un peu comme si on remontait dans le temps. 

Quel est l’endroit que vous avez préféré?

Mukachevo, dans les montagnes avec un paysage magnifique. Les étudiants qui s’y trouvaient étaient super!

Quel a été votre plus grand défi?

Je pense que mon plus grand défi a été de contrer les idées fausses concernant les femmes dans la police et au sujet de mes connaissances et de ma formation malgré mon jeune âge. Cependant, au fil de la semaine et du cours, le respect s’est installé et les choses ont changé. J’en suis bien heureuse. 

Y a-t-il eu quelque chose de particulier dans votre mission?

Oui, à Lviv, j’ai développé un lien très spécial avec un chien policier, une petite chienne appelée Linda, et nous avons passé beaucoup de temps ensemble.