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Un détail de la nouvelle construction de Bella Developments sur la rue Clark.

Bella Developments Inc : Vers une ville plus urbaine

Le travail et la famille ont toujours été deux éléments constants et inséparables au cœur de la vie de Gabriel Elzayat. Il se souvient très bien quand il faisait du porte-à-porte avec son père, au Liban, à l’âge de 6 ans, pour vendre des produits d’épicerie. Après leur arrivée au Canada, alors qu’il avait 16 ans, ses parents faisaient le ménage dans un motel, tandis que ses frères et lui travaillaient pour aider à payer le loyer, en plus d’aller à l’école.

« Mes parents nous ont appris à ne jamais compter sur les autres. Ils nous disaient "Si vous pouvez le faire, faites-le", se souvient-il. Ils nous ont inculqué cette idée dès le début. »

Aujourd’hui, Elzayat est un des promoteurs les plus actifs de Fredericton. Son dernier projet, un immeuble de 44 appartements situé rue Clark, dans le nord de la ville, devrait accueillir des résidents cet été. Un autre immeuble de huit appartements, rue Brunswick, sera prêt d’ici septembre.

L’immeuble de la rue Clark, qui comprend un stationnement souterrain, est l’aboutissement de plusieurs années de planification. « Je suis vraiment emballé! J’ai l’impression que ça va stimuler les investissements dans cette partie de la ville, se réjouit Elzayat. Il y a tellement de potentiel inexploité dans ce quartier de la rue Union. D’ailleurs, d’autres promoteurs ont commencé à y investir ces dernières années. »

Les entreprises de M. Elzayat, Bella Properties Inc. et El Zayat Development Ltd., se spécialisent dans les constructions résidentielles dans les quartiers à haute densité de population, très en demande. En effet, la population de Fredericton − en particulier dans le centre-ville – ne cesse d’augmenter au-delà même des estimations prudentes. La demande qui en résulte pour la vie au centre-ville est supérieure à l’offre de logements.

« Fredericton est victime de son succès, déclare le président du Comité d’aménagement de la Ville, Bruce Grandy. Notre ville est en pleine croissance et connaît un taux d’inoccupation très bas. Cette situation exerce une forte pression sur les possibilités de logement abordable pour de nombreuses familles. Le conseil municipal est toujours attentif à l’offre et à la demande de logements afin de trouver un équilibre qui permette de loger les résidents actuels, mais aussi d’accueillir de nouveaux arrivants ».

Elzayat [PV1] est d’accord avec le conseiller Grandy pour dire qu’un grand besoin de logements se fait sentir dans le centre-ville de Fredericton. « La densification du centre-ville suscite beaucoup d’enthousiasme dans la collectivité. On a un réel sentiment de mouvement vers l’avenir et la Ville en fait partie intégrante », explique-t-il.

Elzayat a commencé à bâtir des immeubles « à partir de rien » voilà seulement cinq ans. Auparavant, pendant plus de dix ans, il achetait et rénovait des maisons. « Ma famille n’a jamais rien possédé avant que nous nous lancions tous dans l’achat d’une première maison, dit-il. Aucun membre de ma famille n’était dans l’immobilier. Donc j’ai fait mes devoirs, puis nous avons acheté, les membres de ma famille et moi, une maison de 65 000 $ sur la rue Smythe. Comme nous ne pouvions pas obtenir d’hypothèque à la banque, c’est le vendeur qui détenait l’hypothèque pour nous. »

Au fil du temps, la difficulté de trouver des propriétés prometteuses à un prix raisonnable a conduit Elzayat à se tourner vers la construction de nouveaux immeubles. « J’avais toujours rêvé d’accomplir quelque chose de grand, de faire de l’immobilier, explique-t-il. C’est avec mon frère que j’ai acheté les deux premières propriétés que j’ai construites. Nous avons acheté un vieil immeuble, l’avons démoli et en avons construit deux flambants neufs de 76 appartements. »

Elzayat est toujours animé du même esprit d’entreprise qui a nourri sa famille pendant des années. « Quand nous avons émigré ici, je ne parlais pas anglais. Nous étions pauvres. Malgré tout, mes parents ont toujours été des entrepreneurs, même s’il s’agissait de vendre des fruits en porte-à-porte ou de gérer un dépanneur à peine rentable, raconte-t-il. J’ai maintenant deux neveux qui s’intéressent au domaine de la construction et qui progressent très bien. Je leur raconte ce que mes parents m’ont appris : travailler dur, poser des questions, minimiser ses dépenses, se constituer un pécule. Ça a l’air simple, mais ça demande des efforts, de la discipline et de l’humilité. »

« Quand j’ai commencé à construire des immeubles, personne ne me donnait de conseils parce que c’est un domaine compétitif, dit-il. Ma règle de base est donc la suivante : si je peux aider quelqu’un en lui donnant le bon conseil, je lui en suis reconnaissant. J’aime faire ça. Moi, j’ai appris en faisant des erreurs, alors je suis très content quand je peux éviter à quelqu’un de faire les mêmes erreurs que moi. »

Aujourd’hui, Elzayat continue de développer ses activités, notamment en ayant des parts dans plusieurs restaurants. « J’ai l’impression que ça ne fait que commencer, prévoit-il. Nous construisons des maisons pour que les gens puissent en profiter, et je m’assure que mon personnel traite les gens en ayant ce précepte à l’esprit. Ce n’est pas une approche à l’emporte-pièce. Nous répondons aux besoins des futurs résidents et de leur futur quartier. »